Ce numéro de la revue discute l'espace théâtral, les textes et les spectacles comme des discours ou des langages qui peuvent être déchiffrés par la sémiologie, par la phénoménologie ou par l'herméneutique. Ces articles inédits contribuent par des réflexions théoriques et méthodologiques sur des études de cas du théâtre moderne et contemporain mis en scène au Brésil.

Les auteurs sont des enseignant-chercheurs qui travaillent sur la culture et le théâtre au Brésil, en France et au Portugal, selon différents discours. D’abord, l’article de Graça dos Santos sur l’espace-temps du théâtre portugais aux XXe et XXIe siècles. Après avoir questionné l’essence et le rôle (l’utilité) du théâtre, elle examine une nouvelle approche de l’écriture dramatique de Miguel Torga au Portugal dite post-dictatoriale. L’article de Evelyn F.W. Lima et Francisco Leocádio analyse un espace alternatif pour abriter une pièce d'Ariano Suassuna (décédé en 2014), et montre comment la vitalité de cet espace théâtral « trouvé » a été renforcée par le succès de la pièce Farsa da Boa Preguiça (Farce de la Bonne Paresse) dirigée par Elza de Andrade.

Ensuite, l’article de Katia Paranhos étudie le thème de l’engagement politique, d’une façon générale et le profil de quelques personnages qui interviennent de façon critique sur la sphère publique, comme des figures politiques, en y apportant non seulement la transgression de l’ordre et la critique de la réalité existante, mais aussi la critique de leur mode d’ insertion dans le mode de production capitaliste et, par conséquent, la critique de la forme et du contenu de leur propre activité, tandis que l’article de André Carreira examine le discours du « théâtre de rue » et du « théâtre dans la rue » et ses implications avec l’ art populaire. Isabel Bezelga et Ramon Aguiar observent l’utilisation des espaces communautaires comme locus pour l’action théâtrale dans des contextes spécifiques à partir de la phénoménologie, soit au Portugal, soit au Brésil. Puis, Ana Carolina Paiva examine certains caractères dans la dramaturgie du poète et ingénieur Joaquim Cardozo, qui présentent souvent des ambigüités. 

Claudio Guilarduci et Mauro Baptista nous présentent une réflexion sur la scène expérimentale de A aura benjaminiana ou a morte dos vagalumes représenté par le groupe de recherche Ambulatório à São João del Rei, en même temps que Walter Lima Torres étudie la nature et l'histoire de la publication de programmes de spectacle, identifiant la présence de quatre emphases dans les discours de ces publications de théâtre. Elizabeth Jacob et Niuxa Drago proposent une comparaison entre deux lectures visuelles de La Reine Morte par deux scénographes de la modernité brésilienne, tandis que l’article de Liliane Mundim analyse le travail des pratiques de performances qui occupent l’espace de la rue, développées par le Collectif Cantareira dans la communauté de l’Île de Paquetá, Rio de Janeiro, spécifiquement pour la production intitulée Auto de São Roque, et celui de Gessé Almeida examine les outils de la mise en scène contemporaine dans la constitution de ses discours spectaculaires en ayant comme arrière-plan l'analyse de deux mises en scène du dramaturge Plínio Marcos (Barrela et Navalha na carne) qui ont eu lieu à Salvador de Bahia, Brésil.

Enfin, Joana Lavallé interviewe le dramaturge Luis Paulo Correa Castro du groupe de théâtre de « Nós do Morro » de la Communauté du Vidigal à Rio de Janeiro.

On espère que ce numéro de la revue Plural Pluriel pourra contribuer à révéler les discours et les langages des spectacles sélectionnés par les différents auteurs.

Evelyn Furquim Werneck Lima
Éditrice scientifique du numéro 14

 

Publiée: 24-10-2016